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Ah, toutes ces voyelles!

Quand j’étais enfant, à l’école, j’ai appris que les voyelles étaient a, e, i, o, u et y, ce qui fait 6 voyelles. Plus tard, à l’université, j’ai appris que la langue française comptait 16 voyelles. En fait, aucun de mes professeurs ne faisait erreur : le français compte 6 voyelles graphiques (les lettres) et 16 voyelles phonétiques (les sons).

Ces dernières sont décrites selon leurs caractéristiques. Premièrement, on distingue les voyelles orales des voyelles nasales. Quand l’air sort seulement par la bouche, la voyelle est orale (é, u, i, ou, eu…). Quand l’air sort par la bouche et le nez, la voyelle est nasale (in, on, un, en…). Deuxièmement, il y a des voyelles arrondies et non arrondies. Pour les voyelles arrondies, les lèvres prennent une forme ronde, comme pour donner un baiser (u, ou, eu, on…). Pour les voyelles non arrondies, les lèvres restent relâchées (i, è, an, a…). Troisièmement, la hauteur de la langue dans la bouche est une caractéristique importante. On ouvre davantage la bouche pour prononcer les voyelles mi-ouvertes ou ouvertes (a, è, on) et on ferme davantage la bouche pour prononcer les voyelles fermées (i, u, ou). Enfin, la langue peut se positionner vers l’avant de la bouche (les voyelles antérieures comme i, é, u, eu, un) ou l’arrière de la bouche (les voyelles postérieures comme ou, o, on et en).

Maintenant, un petit défi! Combien de voyelles phonétiques et de voyelles graphiques se trouvent-elles dans cette citation de l’Algérien Ahcene Ait Yahiatene  : « Une vie sans amour n’est qu’un ensemble de consonnes sans voyelles ». Répondez en commentaire!

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Mélodie et prosodie

En musique, on parle de mélodie. En linguistique, on parle de prosodie. Continuez votre lecture pour bien comprendre la signification de ce mot et acquérir quelques notions de base en phonétique.

Dans une phrase, il y a beaucoup plus que des mots et des sons. Il y a des pauses, des intonations, un rythme… bref des éléments prosodiques. C’est ce qui donne à une langue sa sonorité particulière. La prosodie a aussi un rôle communicatif à jouer.

Par exemple, l’intonation peut déterminer si l’énoncé est une question ou une déclaration. Une même phrase prononcée avec une intonation montante à la fin est interprétée comme une question, alors qu’elle est interprétée comme une déclaration lorsque l’intonation est descendante.

L’accent (tonique ou d’insistance) est important aussi dans les échanges verbaux. Dans la langue française, la dernière syllabe du dernier mot de la phrase est plus longue et plus intense. Toutefois, les mots n’ont pas d’accent tonique inhérent. On peut aussi accentuer un son pour insister sur un élément.

Le rythme, il est créé par les pauses, ainsi que la présence ou l’absence d’accents. Le débit concerne la vitesse de la parole et peut varier d’une personne à l’autre. Le ton, quant à lui, n’est pas aussi important en français qu’en d’autres langues (vietnamien, mandarin…).

Vous voyez bien que la prononciation n’est pas qu’une affaire de sons. Concentrez-vous maintenant sur la prosodie pour améliorer votre parler!

Référence : http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/bdl/gabarit_bdl.asp?id=4512

 

 

 

 

 

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Le lien entre la prononciation et la compréhension orale — Partie 3

Dans ce troisième et dernier article sur le lien entre la prononciation et la compréhension orale, il sera question des contractions et des élisions que l’on fait à l’oral en français. L’objectif est de vous donner un aperçu de ce qui se passe dans la bouche et la tête des locuteurs francophones.

Entre l’écrit et l’oral en français, il y a tout un monde. Pourquoi? La raison est simple : la langue sert avant tout à communiquer, alors on l’utilise de la façon la plus efficace possible au quotidien.

Il faut savoir qu’à l’écrit comme à l’oral, il y a différents niveaux de langue. On n’écrit pas un texto comme un écrit un rapport, et on ne parle pas à ses amis comme on prononce un discours. Dans les conversations de tous les jours, on laisse tomber les sons ou les mots qui ne sont pas nécessaires au message. Il y a un phénomène de contraction et d’élision.

Attention! Il y a des contractions et des élisions obligatoires. Peu importe le niveau de langue, la préposition « de » et le déterminant « le » se combinent pour former le mot « du », c’est une contraction. Aussi, le pronom « je » devient toujours « j’ » devant une voyelle, c’est une élision.

Toutefois, dans un contexte de communication spontané, tous les francophones font des contractions et des élisions qui ne sont pas permises par les règles du français. Par exemple, la norme écrite ne permet pas de faire une élision avec le pronom « tu », mais les gens le font quand même à l’oral ou dans un texto. C’est pourquoi on va souvent dire « T’es prêt? » au lieu de « Tu es prêt? ».

La conclusion? Pour améliorer votre compréhension orale, vous devriez étudier les caractéristiques propres à la langue parlée et vous habituer à les entendre.

 

 

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Le lien entre la prononciation et la compréhension orale – Partie 2

Dans le premier article sur le sujet (Partie 1), il était question de deux traits de la prononciation en français qui font de la compréhension orale un défi, soit les lettres muettes et le « e » instable. Nous vous présentons maintenant trois autres particularités qu’il est bon de connaitre.

Ces particularités sont la raison pour laquelle les non-francophones ont l’impression de n’entendre qu’un seul long mot alors qu’une phrase entière a été dite. C’est qu’en français, on évite les interruptions entre les sons. Voici comment! 

Les liaisons : Il y a des consonnes, à la fin des mots, qu’on prononce seulement quand le mot suivant commence par une voyelle. Dans un tel cas, on fait une connexion entre la consonne et la voyelle, donc une liaison.  Par exemple, dans la phrase « Nous arrivons tôt et nous partons tard », le « s » du premier « nous » est prononcé et lié au « a », mais le « s » du deuxième « nous » est muet.

Les enchainements consonantiques : Les enchainements consonantiques permettent la connexion entre la dernière consonne toujours prononcée d’un mot et le mot suivant, quand celui-ci commence par une voyelle. L’enchainement consonantique ressemble à la liaison, mais il est toujours facultatif et ne permet pas de prononcer une lettre normalement muette. Il y a un enchainement consonantique dans la phrase « Il faut attendre à l’extérieur », entre le « r » et le « à ».

Les enchainements vocaliques : Quand un mot termine par une voyelle prononcée et que le mot suivant commence par une voyelle, il n’est pas nécessaire de faire une pause entre les deux mots. Cela donne l’impression qu’il y a seulement un mot, mais en réalité il y en a deux. Dans la phrase « J’habite à Ottawa », on ne fait aucune interruption entre le mot « à » et le mot « Ottawa ».

Bref, il est vrai qu’il est difficile d’entendre distinctement tous les mots d’une phrase en français, mais c’est ce qui en fait une langue si mélodieuse.

Pour vérifier votre compréhension de cet article, faites ce jeu-questionnaire.

 

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Le lien entre la prononciation et la compréhension orale – Partie 1

Les lignes qui suivent ont pour sujet certaines particularités du français à l’oral. Ces particularités font qu’il est parfois difficile pour les apprenants du français langue étrangère de comprendre ce qu’on leur dit.

Si le français n’est pas votre langue maternelle, vous ne reconnaissez peut-être pas des mots que vous connaissez pourtant. Rassurez-vous, ce n’est pas surprenant! Aujourd’hui, je vais vous expliquer deux traits de la prononciation en français qui font de la compréhension orale un défi.

Les lettres muettes : Il y a beaucoup de lettres qu’on écrit, mais qu’on ne prononce pas, surtout à la fin des mots. C’est important de connaitre les lettres muettes pour mieux prononcer et comprendre le français. Par exemple, la phrase « Ils vivent près de Montréal » se dit en fait « Il viv prè de Monréal ». Pour plus d’informations sur les lettres muettes en français, vous pouvez consulter la page d’alloprof sur le sujet.

Le « e » instable (« e » caduc) : Il y a plusieurs situations, en français, où le « e » est muet. Quand on étudie le  « e » instable, on étudie les règles pour savoir quand le son « e » doit être prononcé (maintien) et quand il n’est pas prononcé (chute). Pour résumer les règles, le « e » à la fin d’un mot chute presque toujours, mais le « e » au milieu d’un mot chute seulement quand il y a une seule consonne avant et une seule consonne après. Par exemple, dans le mot « gouvernement », le « e » en gras est maintenu, parce qu’il y a deux consonnes avant.

Bref, entre ce qu’on écrit et ce qu’on dit, il peut y avoir quelques différences. C’est pourquoi il est important de s’habituer à ces petites transformations. Avec un peu de pratique, on y arrive très bien.

Maintenant, un petit test! Dites-moi combien de lettres muettes il y a dans la phrase suivante : « L’hôtesse a pris son temps pour répondre à la porte.» Connaissez-vous la réponse?

 

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Mieux prononcer grâce à l’API

Avez-vous déjà entendu parler de l’API (en français) ou de l’IPA (en anglais) ? Contrairement à ce que vous pourriez croire, cet article n’aura pas comme sujet les bières IPA (India Pale Ale). «API» est un sigle (et non un acronyme) pour désigner l’alphabet phonétique international. Comme c’est un sigle, il faut prononcer les lettres séparément.

L’alphabet phonétique international est une transcription phonétique des sons de toutes les langues du monde.  Vous avez peut-être déjà remarqué les signes de l’API, ce sont les étranges symboles qu’on retrouve entre crochets dans le dictionnaire. Pour le commun des mortels, ces symboles ne veulent rien dire. Toutefois, ceux qui savent les lire peuvent connaitre la prononciation d’un mot sans l’avoir entendu.

Pour apprendre une langue étrangère, l’alphabet phonétique international peut vous aider. C’est un outil très pratique, mais qui n’est pas magique : pour bien prononcer, il faut exercer ses oreilles à distinguer les sons, et sa bouche à les produire. L’API ne remplace donc pas votre prof de français à ÉQM, mais peut vous donner un coup de main. De plus, vous auriez l’air plus savant.

Bonne semaine,

Marie-Michèle

 

 

 

En passant

Plus de neige! Toujours plus!

Ou la prononciation variée du mot plus…

Aujourd’hui, en classe, nous avons étudié les comparatifs plus, moins et autant.

Il est important de se rappeler que le «s» du mot plus sera seulement prononcé lorsque ce dernier a le sens de davantage en fin de phrase ou devant une pause. Le «s» est aussi sonore dans plus-que-parfait et quand il réfère au terme mathématiques d’addition.

Dans la situation où une liaison entre la lettre «s» et une voyelle ou un «h» muet est possible, on entendra le son «z».

Par contre, le«s» final du mot plus sera silencieux devant une consonne ou un «h» aspiré, à la forme négative et dans les expressions suivantes : «ni plus ni moins», «rien de plus», «de plus», «non plus».

Parions qu’il sera de plus_zen plus facile de bien prononcer le mot plusss et qu’il est possible que nous n’en parlions plus. Néanmoins, il ne faut pas oublier de travailler plus fort et de pratiquer toujours plusss!

À plus tard!

plus